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Montagne #2 | Piz Badile – Airmédic

Montagne #2 | Piz Badile – Airmédic

Une escalade de 1000m sur une des plus belles arêtes de granite au monde !!

Après ma première ascension du défi 55 montagnes au mont Aiguille en France, je peux dire que je  suis bien fier car tout s’est bien déroulé. Maintenant, cap sur la Suisse afin d’aller gravir le mythique Piz Badile en Suisse.  La Suisse est reconnue partout dans le monde comme un pays très bien développé en montagnes, c’est un véritable berceau historique de l’alpinisme.  C’est certain que je voulais m’attaquer à une montagne en Suisse lors de mon passage en Europe. Mon choix pour le Piz Badile est facile à prendre surtout lorsqu’on voit la photo et l’arête Nord. Cette montagne est à cheval entre la Suisse et l’Italie.  La première ascension de ce sommet par la face nord est répertoriée en 1937 par une légende de l’alpinisme, l’italien, Riccardo Cassin.

Le début de cette nouvelle aventure (je considère chaque ascension comme une aventure) s’effectue dans le minuscule village de Bondo. Pittoresque en raison de son histoire, ce village compte 200 habitants tout au plus.

Avant chaque montagne, il est important de bien l’étudier. Chacune d’entre elle a ses propres particularités et défis. Ici, le défi de taille c’est la météo! Elle doit être impeccable. Il est très dangereux d’escalader son pic si dame nature prévoit des orages. De par sa géométrie, cette montagne attire la foudre. Imaginez ce qui pourrait arriver si des alpinistes étaient cramponnés sur sa paroi avec coinceurs, piolets et mousquetons et que le pic recevait la foudre ….

Je suis accompagnée de 2 comparses pour ce défi : Jean François Girard, avec qui j’ai monté le Mont Aiguille en France, et Serge Angellucci qui se joint à nous.  J’ai déjà grimpé et fait plusieurs expéditions de montagne avec Serge, donc c’est un plus de l’avoir avec nous! Deux grimpeurs aguerris avec lesquels je me sens en pleine confiance.

Nous prévoyons 3 jours pour atteindre notre objectif :

  •  Jour 1 : 5 heures pour se rendre au premier refuge en pm 
  •  Jour 2 : 2 heures trente de marche d’approche jusqu’au pied de la face le matin +12 heures d’escalade + 4 heures de descente en rappel et 3 heures de marche pour retourner au refuge. 
  • Jour  3 : 3 heures  pour redescendre au village de Bondo

Avant de quitter, nous avons croisé des « locaux » qui nous ont confirmé qu’il y aurait de la nourriture laissée par d’autres aventuriers au premier refuge. Nous avons alors fait nos provisions en conséquence en allégeant quelque peu nos sacs. Après tout, nous traînons tout sur notre dos, peu importe la trajectoire. Après notre premier 5 heures de marche d’approche, nous avons enfin le visuel sur le refuge. Nous sommes soulagés, car l’idée d’un bon petit repas en faisant sécher nos vêtements pour le lendemain sonne comme de la musique à nos oreilles. Arrivés à l’intérieur, nous avons beau chercher et chercher…Aucune réserve de nourriture n’y est! Même pas un carré de sucre! Notre première soirée sera agrémentée de délicieuses barres tendres et énergétiques en guise de souper! Nous nous levons tout de même positifs le lendemain, car le défi est bien réel. Nous voulons être de retour avant la nuit et la journée s’annonce longue avec la marche d’approche et l’escalade. Comme à notre habitude, nous quittons à l’aube munis de nos lampes frontales. L’ascension est quand même technique avec un imposant 1000 m. et un dénivelé de 750 m. Compte tenu du temps, Jean François et moi avons décidés d’escalader en simultané. Cette méthode est plus dangereuse, mais beaucoup plus rapide puisque que nous sommes liés par une corde avec quelques points d’ancrage et que nous grimpons en même temps avec une corde tendue. La première partie se fait bien et nous arrivons sur l’arête.  L’escalade sur l’arête se fait tantôt sur la gauche et tantôt sur la droite avec des points de vue panoramiques spectaculaires. Après quelques centaines de mètres d’escalade, je fais un relais et assure Jeff qui vient me rejoindre. Serge est en solo devant!  Il prend des photos et grimpe librement sans corde. Imaginez comment on se sent comme co-équipier de voir son « patner » sans corde. On s’imagine le pire en pensant à une prise qui casse ou qu’il perde pied. La décision lui revient, mais cette décision vient nous hanter tout au long de notre ascension. 

Le paysage est de plus en plus vertigineux!  La paroi se redresse et nous offre des passages plus difficiles. Je progresse lentement mais sûrement, je passe une difficulté et je continue mon ascension vers le ciel. Au trois-quarts de l’ascension, nous arrivons sur l’épaule qui nous mène au sommet. La partie est loin d’être terminée. L’arête remonte et redescend comme une lame de scie!  Les parois de chaque côté sont vraiment vertigineuses. Le vide est présent. Nous continuons la progression sans mettre beaucoup de protection. 

Un dernier gendarme de granite et nous arrivons au sommet avec la pointe d’aluminium qui symbolise l’aiguille d’une montagne.

Après 12 heures d’escalade, nous y sommes enfin à ce fameux sommet qui trône par-dessus les autres montagnes de la région. De magnifiques paysages et des vues spectaculaires nous attendent. À peine quelques minutes plus tard, nous devons déjà penser à la descente puisque le jour tombe vite. Serge prend une corde et prend les devants. Jeff et moi prenons plus de temps à bien s’assurer dans la descente pour plus de sécurité. Nous sentons la fatigue et un faux mouvement pourrait nous coûter la vie.  Alors, de rappel en rappel, nous redescendons la même paroi grandiose que nous avons escaladé! C’est épic! Le jour tombe et le temps presse. Nous sortons les lampes frontales et nous continuions à rappeler. À la toute fin, il commence à faire noir et nous touchons la brèche où les rappels se terminent.  De là, nous descendons à pied du col à la base complètement. Il fait noir et nous devons repérer les inukshuks pour garder notre chemin. Nous avons perdu notre chemin et perdu du temps, mais nous retrouvons le refuge vers 22 heures. Nous sommes brulés, mais heureux! Le lendemain, nous redescendons lentement  vers Bondo et nous allons nous baigner dans un bassin d’eau glacial.

Le Piz Badile est derrière nous et nous en sommes très fier!

  • Altitude : 3308 m
  • Pays : Suisse
  • Région : Maloja (Alpes)
  • Ascension : 100 m
  • Durée : 3 jours
  • Première ascension : 1937

Au moment où je vous écris,  la suite sera trépidante pour les prochains sommets, puisque je me dirige vers l’Amérique centrale à la fin novembre pour faire 6 sommets en 14 jours au Panama, Honduras, Guatemala, Nicaragua, Costa Rica et Salvador.

Tout de suite après, ce sera mon plus grand défi technique à vie jusqu’à présent : Le Cerro Torre! Ça me donne déjà des fourmis dans les jambes! J’ai déjà hâte de vous partager mon aventure!